Le Procope et le café

Nous sommes devant le Procope, rue de l’Ancienne cour de commerce dans le 6ème arrondissement de Paris. Devant moi s’élève l’un des premiers café parisiens ouvert en 1686. 

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est traduction.jpg.

Avant de continuer permettez moi de remonter le fil de l’Histoire. Une question se pose: comment est-ce que la boisson du café est-elle arrivée en France ? 

Cette boisson sombre et fortifiante (sans laquelle nous avons quelquefois du mal à nous lever le matin) est introduite à la cour du roi au XVIIème siècle par Soliman Aga, ambassadeur et émissaire de Mehmed IV, l’empereur Ottoman. Soliman sera envoyé par l’empereur dans le but de renouer la paix avec la France et Louis XIV. 

LE CAFÉ ET LOUIS XIV

Le roi soleil prends goût à cette nouvelle boisson. Il faut savoir que le roi à l’époque définit la mode. Du garde robe à la toilette personnelle, les courtisans font comme le roi. En voyant le roi savourer cette nouvelle boisson son entourage fera de même. 

Bien entendu, Louis XIV, qu’on pourrait considérer comme le roi des tendances temporaires, se lasse rapidement de son café. Mais au cours du XVIII ème siècle, cette boisson énergisante est adoptée par la noblesse (chic et chère, la fève vaut jusqu’à 80 francs la livre, elle symbolise donc la distinction sociale). Les nobles dégustent le café dans des tasses en céramique de Chine, préférant le café moka ottoman au café des îles des Caraïbes. 

LE CAFÉ DE LOUIS XV A LA RÉVOLUTION

Louis XV fait même cultiver des arbres à café (caféiers) dans les jardins de Trianon, préparant et torréfiant lui même son café dans des petits appartements où il aura une pièce dédiée au café. 

Arrivons en à l’époque de la Révolution Française: il paraît que lors des ses déjeuners avec Marie Antoinette, Louis XVI lui vantait son “café et sa crème”.

J’imagine la reine s’exclamer devant son mari: “I just love your coffee and cream baby!”. 

Au fur et à mesure, cette coutume de boire du café se propage à travers la bourgeoisie et l’aristocratie. A partir de 1785, on voit même des gens des classes populaires en boire entre amis.

Lors de son procès de 1793, le roi est accusé d’avoir caché d’ importantes quantité de café alors que les français en manquait.

En ce qui concerne l’établissement où l’on vend le café, c’est en 1672 que le 1er “commerce” de la boisson de café, nommé “café” (nom qui désigne le fruit, la boisson et le lieu de vente) est ouvert par un arménien près du Louvre. L’établissement doit fermer. Heureusement pour nous, l’histoire ne se finit pas là car en 1686, l’ancien serveur de ce café, un sicilien du nom de Procopio ouvre un café à son compte: Le Procope. 

LE LIEU : LE PROCOPE

Ce lieu légendaire a accueillit les philosophes des lumières, Rousseau, Voltaire, Diderot, puis de nombreux artistes de la comédie française, Napoléon Benjamin Franklin et Thomas Jefferson entre autres. 

On entre à l’intérieur par la porte de derrière, nous montons quelques marches et nous nous retrouvons dans une salle couverte d’un mobilier d’acajou et lambris avec des véritables trésors du patrimoine français qui ornent les murs. Au moment de passer dans le hall d’entrée, la porte de la cuisine s’ouvre brusquement sur moi et une serveuse vêtue d’un tablier blanc et gilet noir sort en balançant un large plateau couvert d’assiettes au dessus de l’épaule. « Attention » elle m’évite, et arrive à rattraper le coup et remettre son plateau droit. “Pardon” je dis en m’écartant pour la laisser passer.

On monte en haut à l’étage supérieur, où des étagères soutiennent des lettres en bois utilisées par l’imprimerie du révolutionnaire Jean-Paul Marat. A l’extérieur de la fenêtre pend une petite cloche. C’est dans cette pièce du Procope que Marat écrivait son journal politique « L’ ami du peuple ». Lorsque ses articles étaient prêts pour l’impression, il faisait sonner la cloche afin qu’un serviteur vienne chercher son document pour le porter à l’imprimerie toute proche. 

A voir aussi dans ce lieu mythique: le chapeau de Napoléon. 

Et le bureau en marbre de Voltaire. Apparemment Voltaire buvait entre 40 et 50 cafés par jour. Quand il avait 80 ans, son docteur l’a alerté sur le fait que son amour du café le tuerait. Voltaire a répondu: « Si le café est un poison, c’est un poison bien lent .” 

Si Voltaire, Marat et Napoléon y buvaient leur café, pourquoi n’irions nous pas aussi prendre une tasse et admirer le décors d’un des plus vieux cafés de Paris ?

Vous pouvez découvrir ce lieu lors d’une de nos visites guidées.


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.